Les définitions des 31 repères mentionnent les notions du programme auxquelles ils sont particulièrement liés.
Un nombre en exposant (31) signale un mot d’un autre repère que celui dont il est question, ou un mot de la même famille.
- ABSOLU / RELATIF
Est absolu ce qui ne dépend de rien d’autre que de soi-même. Est relatif ce qui n’existe qu’en relation avec une autre chose dont elle dépend. C’est pourquoi on doit toujours dire à quoi une chose est relative. Selon les religions monothéistes, Dieu est absolu et le monde est relatif à Dieu. Dans la monarchie absolue, le roi est supposé ne dépendre de rien ni personne d’autre que de lui-même. Le relativisme en matière de vérité peut être résumé par la formule : «À chacun sa vérité ».
La théorie (28) de la relativité d’Einstein affirme que le temps, l’espace et le mouvement absolus n’existent pas : deux événements peuvent être simultanés pour un observateur et successifs pour un autre, relativement à leurs positions ; de même, le mouvement d’un objet peut être rectiligne pour un observateur et courbe pour un autre.
Enfin, on peut se demander si le devoir moral est absolu ou relatif à la société dont on fait partie, à l’éducation, à la religion, etc. - ABSTRAIT / CONCRET
Ce qui est concret est ce dont on peut faire l’expérience. Ce qui est abstrait, en revanche, est une idée générale inaccessible par l’expérience. Par exemple, tel fruit rouge est concret, on peut le voir, le toucher. Mais « le rouge » est une idée abstraite : on ne voit jamais le rouge en général, mais seulement telle ou telle chose rouge. De même, deux stylos sont concrets, mais le nombre 2 est un concept (25) abstrait.)
Dans le domaine du langage, les noms communs désignent généralement (30) des choses abstraites, les noms propres des choses concrètes : « l’être humain » par exemple est un concept (5) abstrait (désignant ici tous les membres d’une même espèce13), mais « Socrate» est un individu13 concret.
En art, on parle d’« art abstrait » pour caractériser les œuvres d’art visuelles (peinture, sculpture…) qui ne cherchent pas à figurer quelque chose de réel (15) (êtres vivants, objets, paysages…). On parle d’« art
figuratif » dans le cas contraire. - EN ACTE / EN PUISSANCE
Ce qui est en puissance (ou potentiellement) se réalisera peut-être en acte. Ce qui est en acte est ce qui a effectivement réalisé sa puissance. « En puissance » signifie donc en un sens « possiblement (17) », et « en
acte » signifie « réellement (15) ». Un⋅e élève de terminale est un⋅e bachelièr⋅e en puissance (et est donc potentiellement bachelièr⋅e). La toile blanche du peintre est un chef-d’œuvre en puissance, mais ne le sera peut-être jamais en acte.
À propos de la nature, on peut utiliser ce repère dans le domaine biologique : on dira par exemple qu’un embryon est un être humain en puissance, et qu’il le sera en acte s’il se développe normalement,
reçoit une éducation, etc.
Dans le domaine de la technique, on peut dire que le but est potentiellement atteint tant que la technique n’est pas intégralement mise en œuvre. Lorsqu’elle l’est, le but est atteint en acte, sauf en cas
d’échec. - ANALYSE / SYNTHÈSE
L’analyse consiste à décomposer un objet pour en faire apparaître les différentes parties. La matière peut ainsi être analysée : en chimie, H2O est une analyse, c’est-à-dire une décomposition de l’eau. La synthèse consiste au contraire à (r)établir le tout dans son unité. La matière peut ainsi être synthétisée en assemblant artificiellement les atomes dont sa molécule est naturellement composée. Une image (5) de synthèse consiste dans l’assemblage d’éléments conçus séparément, de même qu’un tissu synthétique.
Dans une explication de texte, le texte doit d’abord être analysé, c’est-à-dire décomposé en différentes parties qui seront expliquées séparément, avant d’être synthétisé (c’est-à-dire ici résumé), notamment en conclusion (14). - CONCEPT / IMAGE / MÉTAPHORE
Un concept est une idée abstraite2 qui énonce la définition ou au moins les principales (25) caractéristiques d’une chose. Une image est une représentation concrète (2) (notamment visuelle) illustrant un concept (ou plusieurs). Cette image peut éventuellement être utilisée comme métaphore, c’est-à-dire symboliser une chose avec laquelle elle entretient un rapport d’analogie (27). Par exemple, le concept de feu
renvoie à sa définition physico-chimique (« phénomène composé de chaleur et de lumière produit par une combustion »). On peut faire une image du feu. Le feu peut enfin être utilisé dans de nombreuses
métaphores (« le feu de mon cœur brûle pour toi » pour dire « je t’aime» par exemple).
Dans un langage, et plus précisément dans une langue, les noms communs désignent des concepts et peuvent permettre de faire des métaphores (de même d’ailleurs que certains noms propres : on dira par exemple que tel joueur de foot au style artistique est « le Mozart du football »). L’image peut être utilisée dans certains langages (le Code de la route par exemple). - CONTINGENT / NÉCESSAIRE
Ce qui est contingent peut exister / arriver ou non, cela pourrait être autrement. Je peux par exemple penser que mon existence est contingente si je considère que mes parents auraient pu ne pas se
rencontrer. Ce qui est nécessaire, au contraire, c’est ce qui est inévitable, qui n’aurait pas pu ne pas se produire ou ne pas exister. Si on croit (7) en Dieu, on peut par exemple penser que son existence est
nécessaire (Dieu n’aurait pas pu ne pas exister). Le mot « nécessaire » a aussi le sens plus courant d’« indispensable » (il est nécessaire de boire pour vivre) et a alors pour antonyme « facultatif ».
Le sens le plus courant de la liberté, le libre arbitre, suppose que certaines actions humaines au moins sont contingentes : mon action est libre si j’ai la possibilité (17) de l’accomplir ou pas. Inversement, si le libre arbitre n’existe pas (comme le pense Spinoza), tout ce qui se produit est nécessaire. - CROIRE / SAVOIR
Croire et savoir, c’est dans les deux cas tenir quelque chose pour vrai31. Si on le sait, cela signifie qu’on en détient la preuve (9) (ou la démonstration). Si on le croit, c’est qu’on n’en a aucune preuve (9). La croyance peut par exemple reposer sur la confiance. La plupart des choses que nous croyons savoir ne sont justement que des croyances (nous faisons généralement (30) confiance à nos parents, à nos professeurs, aux scientifiques, aux journalistes, etc.). Nous savons en réalité très peu de choses.
Cette distinction a une conséquence (14) importante en matière de vérité : un savoir ne peut être que vrai (31), alors qu’une croyance peut être vraie (31) ou fausse ; c’est ce que montre Platon dans le Gorgias.
En science, on essaie de prouver autant que possible ce qu’on affirme, et donc d’accéder au savoir, en se passant au maximum de toute croyance (même si ce n’est jamais complètement possible).
En matière de religion, il y a en revanche de nombreuses croyances (sur l’existence de Dieu ou des dieux par exemple, sur la vie après la mort, etc.). La croyance religieuse est pour certaines personnes aussi
indubitable, voire plus, qu’un savoir. - ESSENTIEL / ACCIDENTEL
Ce qui est essentiel se rapporte à l’essence d’une chose, c’est-à-dire ce qui fait qu’une chose est ce qu’elle est. La définition d’une chose énonce son essence. L’essence du triangle, c’est d’être un polygone fermé à trois côtés. Pour Spinoza, « le désir est l’essence même de l’homme » (Éthique) : autrement dit, ce qui définit l’être humain en tant que tel, c’est qu’il désire. Ce qui est accidentel dans une chose, c’est ce qui ne la définit pas. Être noir⋅e ou blanc⋅he, grand⋅e ou petit⋅e, sont des caractéristiques accidentelles de l’être humain : avoir ces caractéristiques ou pas ne change rien au fait d’être humain ou pas.
Pour de nombreux philosophes (Platon par exemple), la philosophie consiste à chercher l’essence des choses (on dit aussi leur nature), notamment celle des concepts (5) abstraits (2) : quelle est l’essence de l’être humain, de la justice, de la beauté ? - EXEMPLE / PREUVE
Un exemple est un cas particulier (30) ou un cas singulier (30) visant à illustrer ou confirmer une affirmation générale (30) ou universelle (30). Un exemple doit toujours être représentatif ; autrement dit, lorsqu’on prend un exemple, on devrait toujours pouvoir en prendre un et même plusieurs autres (s’il n’y a qu’un seul exemple possible, ce n’est pas un exemple) : il y a plusieurs philosophes qui sont des femmes, par exemple Hannah Arendt. Une preuve est un raisonnement qui s’appuie sur un élément matériel dans le but d’établir une vérité. On peut ainsi prouver que l’eau est composée d’hydrogène et d’oxygène en faisant l’analyse (4) d’une molécule d’eau. Contrairement à la démonstration mathématique, purement abstraite (2),la preuve s’appuie toujours sur un élément concret (2), ce qui a deux conséquences (14) : d’abord, on peut contester une preuve en contestant un constat, une mesure, un témoignage (comme dans le cas de l’usage policier ou juridique de la preuve). Ensuite, on ne peut prouver que des vérités singulières (30) ou particulières (30), au mieux générales (30), mais jamais universelles (30), car on ne peut jamais être sûr qu’on a rencontré tous les cas existant. En revanche, on peut prouver la fausseté d’une affirmation universelle (30) par un seul cas, qui sera alors un contre-exemple : l’existence d’un seul corbeau blanc suffit à prouver que l’affirmation « tous les corbeaux sont noirs » est fausse.
Dans une dissertation, il ne faut donc pas s’appuyer sur un exemple pour prouver une affirmation générale (30) : un exemple ne prouve rien (ou plutôt il ne prouve que lui-même). - EXPLIQUER / COMPRENDRE
L’explication d’un phénomène naturel est objective (21) et se fait par la connaissance (notamment scientifique) des causes (25), des lois naturelles. La compréhension d’un acte humain est subjective (21) et se fait par la connaissance de ses motivations (volontés, désirs, etc.). «Nous expliquons la nature, nous comprenons la vie psychique. », écrit Dilthey (psychologue et sociologue allemand, fin XIXe – début XXe siècles) dans Le monde de l’esprit. Cependant, on emploie aussi le verbe expliquer à propos de choses produites par l’être humain (expliquer un texte philosophique). On vise dans ce cas une certaine objectivité (21).
En science, cette distinction correspond à celle entre d’une part les sciences de la nature, qui ont pour but d’expliquer les phénomènes naturels, et d’autre part ce qu’en allemand on appelle les « sciences de
l’esprit » (Geisteswissenschaften), qui correspondent à peu près à ce qu’on nomme en français les sciences humaines (sociologie, économie, psychologie…), et qui ont pour but de comprendre l’être humain.
Cette distinction suppose que l’être humain constitue un domaine à part du reste de l’univers, (puisqu’il serait la seule chose de l’univers à pouvoir être comprise, les autres étant “seulement” expliquées), ce qu’on peut toutefois contester. - EN FAIT / EN DROIT
« En fait » désigne ce qui existe réellement (15) ; « en droit », ce qui devrait exister idéalement (15). Par exemple, en droit, les femmes et les hommes dans une entreprise devraient avoir les mêmes salaires, à
niveaux d’études égaux (16) et responsabilités égales (16). En fait, c’est souvent différent.
Cette distinction est importante en matière de justice, au sens juridique et au sens moral de cette notion. Dans l’exemple ci-dessus, l’expression « en droit » se réfère à un sens juridique de la justice, car il existe en France des lois (19) sur l’égalité salariale : l’inégalité (16) de fait mentionnée entre les femmes et les hommes est donc injuste juridiquement. Mais lorsqu’on dit par exemple qu’en droit, tous les êtres humains sont égaux (16) devant la loi (19) dans une démocratie, alors qu’en fait, les plus riches peuvent louer les services des meilleurs avocats et ainsi être mieux défendus que les plus pauvres, l’expression « en droit » a un sens moral, car il n’existe aucune loi (19) fixant les tarifs des avocats : l’inégalité (1 entre les riches et les pauvres à ce sujet n’est donc pas injuste juridiquement, mais moralement. Voir également le repère « théorie (28) / pratique (28) » (premier sens). - FORMEL / MATÉRIEL
Dans un texte, la matière (ou le fond, ou le contenu) est ce qu’on dit, la forme est la manière de le dire. Par exemple en philosophie, la forme d’un livre peut être celle du dialogue (comme chez Platon), du conte
philosophique (comme chez Voltaire), de l’essai, etc. ; la matière peut être la question du vrai et du faux, ou du bien et du mal, etc. Deux livres peuvent avoir la même forme et pas la même matière, ou l’inverse.
Plus simplement, on peut reprocher à quelqu’un non pas la matière de ce qu’il dit (si ce qu’il dit est vrai), mais la forme qu’il emploie (sa manière de le dire), par exemple son impolitesse.
Dans le domaine de la vérité, Kant distingue la vérité formelle (sa logique, sa cohérence) et la vérité matérielle (la conformité entre la connaissance et son objet). Seule la première possède des critères sûrs.
En art, on peut considérer que l’artiste ne fait que donner une forme nouvelle à une matière qui ne l’est pas : le marbre de la sculpture, les mots du poème, les notes de la symphonie, etc., sont la matière de
l’œuvre d’art, et existaient avant l’œuvre. L’artiste leur donnera une forme originale, c’est-à-dire une manière de les assembler, de les structurer, qui n’existait pas avant. - GENRE / ESPÈCE / INDIVIDU
La distinction genre / espèce / individu est utile lorsqu’il s’agit de définir quelque chose : on peut dire par exemple en géométrie que dans le genre « polygone », il y a entre autres l’espèce « triangle » qui se
définit comme un polygone à trois côtés (ce qui le distingue des autres espèces de polygones). Il existe mathématiquement une infinité de triangles individuels.
Ces trois concepts (5) sont donc des niveaux dans une classification, notamment en science. En biologie par exemple, l’espèce est toujours rattachée à un genre. Par exemple, l’espèce humaine est nommée Homo
sapiens, et son genre est Homo (il se trouve que l’espèce Homo sapiens est actuellement la seule espèce du genre Homo, mais on en dénombre actuellement une douzaine qui ont existé par le passé). Il y a aujourd’hui un peu moins de 8 milliards d’individus de cette espèce. L’espèce cheval et les différentes espèces de zèbres appartiennent au même genre (Equus). La biologie utilise entre autres les niveaux de
classification suivants : règne, embranchement, classe, ordre, famille, genre, espèce. Mais la classification phylogénétique (qui étudie la « parenté » entre les espèces) fait par exemple apparaître 35 niveaux de
classification (ou « clades ») avant d’arriver à l’espèce Homo sapiens. - HYPOTHÈSE / CONSÉQUENCE / CONCLUSION
Aux sens à la fois scientifique et courant, une hypothèse est une supposition (souvent un ensemble de causes (25) ) permettant d’expliquer (10) un fait constaté, sans que cette explication ne soit, au moment où elle est formulée, vérifiée (mais elle pourrait l’être) ni certaine (31). Par exemple, suite au constat que mon téléphone n’est pas dans ma poche, je peux faire l’hypothèse que je l’ai oublié chez moi (mais il y a d’autres hypothèses possibles (17) : je peux l’avoir oublié ailleurs, on a pu me le voler, etc.). Une hypothèse se distingue d’une conjecture, qui elle n’est pas du tout vérifiable (l’existence de Dieu est donc une conjecture et non une hypothèse). Au sens courant comme au sens scientifique, une hypothèse permet de tirer une ou des conséquences, tout aussi certaines ou incertaines (31) que l’hypothèse : si (et seulement si) j’ai oublié mon téléphone chez moi (hypothèse), alors il doit y être encore (conséquence). La conséquence peut enfin amener à une conclusion : ici, si mon hypothèse est vraie (31), sa conséquence m’amène à tirer la conclusion que je dois rentrer chez moi pour retrouver mon téléphone.
Ces trois étapes (hypothèse / conséquence / conclusion) forment un raisonnement, c’est-à-dire un usage rigoureux de la raison. Il peut notamment prendre place dans une dissertation.
En science, le caractère incertain (31) de l’hypothèse conduit à mettre en place une expérimentation destinée à la vérifier, ce qui permettra là aussi de tirer des conséquences et d’aboutir à une conclusion.
Pour des exemples détaillés, voir le chapitre sur la science, ressource complémentaire 2. - IDÉAL / RÉEL
Ce qui est idéal est ce qui constitue un modèle ; c’est l’idée qu’on se fait de ce que devrait être une chose ou une personne (la « maison idéale », le « professeur idéal »). Mais il est rare que l’idéal corresponde au réel. Au sens courant, l’idéaliste croit (7) vivre dans un monde idéal, contrairement au réaliste qui prétend voir le monde tel qu’il est. On peut par exemple donner du bonheur une définition idéale (le bonheur comme un état parfait, sans la moindre zone d’ombre) ; mais on peut aussi en avoir une conception plus proche du réel (en disant par exemple qu’éprouver parfois certaines contrariétés n’empêche pas d’être heureux). - IDENTITÉ / ÉGALITÉ / DIFFÉRENCE
L’identité (au sens de deux choses identiques) s’oppose à la différence, l’égalité s’oppose à l’inégalité. En mathématiques, deux nombres égaux sont identiques ; donc s’ils sont différents, c’est qu’ils sont inégaux.
Mais pour ce qui concerne les êtres humains, la différence n’est pas l’inégalité.
Ce repère est important dans le domaine de la justice. Par exemple, les différences entre les femmes et les hommes n’empêchent pas que, selon la justice, ils sont égaux en droits (il y a égalité bien qu’il n’y ait pas identité). C’est pourquoi les racistes et les sexistes confondent souvent (volontairement ou non) différences et inégalités : ils prétendent justifier des inégalités de droits à partir de différences. Par ailleurs, il faut toujours dire (in)égalité de quoi : ainsi, on peut distinguer les inégalités naturelles (par exemple la taille), qui ne sont jamais injustes, car la nature n’a pas à être juste, des inégalités sociales (par exemple la richesse), qui sont souvent injustes. - IMPOSSIBLE / POSSIBLE
Ce qui est possible, c’est ce qui peut être, ce qui n’implique pas contradiction, ce qui pourra se produire dans le futur, d’après ce qu’on sait (7) ou ce qu’on croit (7) : « Il est possible que j’aie mon bac », « il est possible qu’il fasse beau ce week-end ». Ce qui est impossible, c’est ce qui ne peut pas exister, ce qui implique une contradiction, ce qui ne peut pas se produire. Un cercle carré, c’est impossible. Que Socrate
ressuscite, c’est impossible. Il faut remarquer que ce que je déclare possible ou impossible dépend de l’état de mes connaissances et de mes croyances. Par exemple, les miracles sont possibles selon certaines
religions, impossibles selon les sciences. On a pu croire par le passé qu’aller sur la Lune était impossible.
La notion de liberté (et plus précisément de libre arbitre) suppose que certains actes me sont possibles, mais que je ne suis pas contraint (22) de les réaliser. Mais dans une conception déterministe du monde, selon
laquelle rien n’est contingent (6), ce qui se produit est nécessaire6 et pas seulement possible, et ce qui ne se produit pas est simplement impossible. - INTUITIF / DISCURSIF
L’intuition est un accès immédiat (20) à une idée. Ce qui est discursif suppose différentes étapes et est donc médiat (20) ; ce qui est discursif prend forme dans un discours et fait donc intervenir le langage. En
mathématiques, les théorèmes compliqués nécessitent un accès discursif, mais certaines idées simples (comme l’addition) peuvent être saisies de manière intuitive ; cet exemple montre par ailleurs que la
notion d’intuition ne désigne pas forcément, comme c’est le cas dans son sens courant, une inspiration mystérieuse (le soi-disant « sixième sens »), voire paranormale ou surnaturelle (« une intuition divine »). - LÉGAL / LÉGITIME
Le légal renvoie à la loi écrite, à la justice comme institution juridique. Le légitime renvoie plutôt à la loi morale, à la justice comme valeur. Le légal peut être illégitime (par exemple les lois obligeant (22) à la
dénonciation des Juifs sous l’Occupation) ; l’illégal peut être légitime (par exemple la Résistance, sous l’Occupation également). On peut donc remarquer que le légal est de fait (11) et que le légitime est de droit (11) (voir le repère « en fait (11) / en droit (11) »). Plus globalement, la légitimité est le fondement23, la justification d’une action, d’une institution, d’une idée, etc. Par exemple, « ton affirmation n’est pas légitime » signifie qu’elle n’est pas justifiée. Un État a la charge d’établir des lois, donc ce qui est légal. Mais même dans les pires dictatures, il
essaie de justifier ces lois de manière à ce qu’elles paraissent légitimes. - MÉDIAT / IMMÉDIAT
Est médiat ce qui se fait avec un ou des intermédiaires, c’est-à-dire une ou des étapes (au sens logique ou chronologique) entre le début et la fin d’un processus. Les médias (télévision, radio, presse, Internet…) sont bien des intermédiaires entre les événements qu’ils relatent et le public. Mais on peut aussi avoir une connaissance immédiate, sans médiation, d’un événement, par exemple lorsqu’on en est le témoin direct. Un médiateur est un intermédiaire entre deux personnes en désaccord.
Si on applique cette distinction à la conscience psychologique (voir le chapitre sur cette notion), on voit que la conscience immédiate est bien en rapport direct, sans intermédiaire, avec son ou ses objets,
tandis que la conscience réfléchie est bien médiate, au sens où elle nécessite une distance, un recul par rapport à son objet, auquel elle ne “colle” pas immédiatement. - OBJECTIF / SUBJECTIF / INTERSUBJECTIF
I« La couleur verte des prés est une sensation objective, en tant que perception d’un objet des sens ; son caractère agréable est une sensation subjective, par laquelle aucun objet n’est représenté. » Kant, Critique de la faculté de juger, §3. Ce qui est objectif ne dépend que de l’objet considéré. Ce qui est subjectif dépend au contraire du sujet, et peut donc être variable selon les sujets. On attendra ainsi d’un juge qu’il soit objectif, c’est-à-dire impartial : ses décisions ne doivent pas être influencées par le sujet qu’il est (ses valeurs morales, politiques ou
religieuses, etc.), mais uniquement par l’objet qu’il doit juger : les faits en cause lors du procès. De même, l’arbitre d’une rencontre sportive doit être objectif. Pourtant, certains sports font inévitablement appel à
la subjectivité : gymnastique, patinage artistique, etc., de même que les événements décernant des prix relevant inévitablement de la subjectivité des “juges” : festival de Cannes, concours de l’Eurovision, etc. Enfin, ce qui est intersubjectif est ce qui, sans être objectif, ne se rapporte pas à un seul sujet ou quelques uns, mais est susceptible d’être partagé par tous les sujets concernés par une question. Par exemple, une décision prise à l’unanimité lors d’une assemblée n’est ni subjective ni objective, mais intersubjective.
La vérité, dans son sens courant (ce qui est conforme au réel15), ne peut être qu’objective, car si elle dépend du sujet qui l’énonce (comme lorsqu’on dit : « C’est ma vérité »), elle ne peut pas prétendre
correspondre au réel (15) (sinon elle serait la vérité). Mais comment s’assurer qu’une vérité est véritablement objective et pas seulement intersubjective ?
On distingue le temps objectif (mesurable scientifiquement et le même pour tous) du temps subjectif (dont la “vitesse” d’écoulement telle qu’on l’éprouve est variable selon les sujets et les situations). - OBLIGATION / CONTRAINTE
On comprend mieux le repère obligation / contrainte en y ajoutant la notion de devoir. Le devoir est ce que nous nous imposons à nous-mêmes de faire ou de dire (ou de ne pas faire ou de ne pas dire), pour des raisons morales : le devoir est intérieur à nous-mêmes. Le devoir est à distinguer : 1. de l’obligation (venant de la loi (19), d’un règlement ou d’un⋅e supérieur⋅e hiérarchique par exemple) qui est psychologique
et extérieure à nous-mêmes, et à laquelle nous pouvons normalement résister (par la désobéissance), même si cela a souvent des conséquences (notamment une sanction). Une interdiction est une obligation négative. Une obligation peut aussi être un devoir, si on l’approuve ; 2. de la contrainte qui est également extérieure à nous-mêmes, mais est plutôt physique (être contraint de lâcher prise par exemple), physiologique (l’être humain est contraint de boire pour vivre) ou, lorsqu’elle est psychologique, s’exerce sous forme de pression (menace, chantage…), et à laquelle il est plus difficile ou impossible (17) de résister.
Dire que le travail est une contrainte est vrai collectivement : les êtres humains ne pourraient pas survivre sans travailler (leurs instincts ne suffiraient pas pour les nourrir). Mais dans la plupart des sociétés, outre les enfants et les personnes âgées, il existe des personnes qui ne travaillent pas (rentiers, chômeurs, etc.), et d’autres dont le travail ne produit pas de quoi satisfaire les besoins vitaux des êtres humains (prêtres, artistes, trader, etc.). Le travail n’est donc pas une contrainte pour tout individu. Mais il est parfois ressenti à l’échelle individuelle comme une obligation, voire un devoir.
Par rapport à la notion de liberté, ces trois concepts sont également différents : la contrainte s’oppose clairement à la liberté. Le devoir est au contraire un signe de la liberté, au sens où il n’est pas contraignant et où c’est moi qui décide librement de l’accomplir ou pas. L’obligation et l’obéissance qu’elle demande ne sont pas incompatibles avec la liberté : je peux très bien obéir librement à une obligation à laquelle j’adhère (suivre le code de la route par exemple). Mais si j’obéis uniquement par crainte d’une sanction (comme dans le cas de la soumission), je ne suis pas libre.
Au sens juridique (et non moral), la justice vise l’application de ce qui est légal (19), c’est-à-dire des lois (19), qui sont des obligations. Mais l’obligation de la loi19 est parfois accompagnée de la contrainte (par les
forces de l’ordre notamment). Enfin, rien n’empêche que l’obligation soit également ressentie comme un devoir (l’interdiction du meurtre par exemple). - ORIGINE / FONDEMENT
L’origine est chronologique ; elle est de l’ordre du temps, de l’histoire, et a pour synonymes « commencement », « début ». Le fondement est logique ; il est de l’ordre de la raison. Les historiens se demandent par exemple quelle est l’origine des sociétés humaines : à quand remontent les premières d’entre elles ? Qu’est-ce qui a poussé les êtres humains à vivre en société ? Les philosophes cherchent parfois à établir le fondement des sociétés : par exemple, qu’est-ce qui fait qu’une société est juste ou stable ? Le mot « fondement » a également le sens de principe25 : « Sur quoi se fonde ton affirmation ? ». - PERSUADER / CONVAINCRE
Persuader et convaincre, c’est dans les deux cas chercher à amener une personne à penser, dire ou faire quelque chose. On essaie de persuader quelqu’un en provoquant en lui des émotions ou en s’appuyant sur
celles qui existent déjà (la peur, la méfiance, la haine, ou l’espoir, la confiance, l’amour, etc.). On tâche de convaincre quelqu’un en s’adressant à sa raison, par des preuves (9) ou des arguments.
Dans les deux cas, on utilise le langage, parfois non-verbal (gestes, etc.) dans le cas de la persuasion. - PRINCIPE / CAUSE / FIN
Un principe est un énoncé général (30) ou universel (30) “premier” (c’est l’étymologie du terme), donc non démontré et indémontrable, dont on peut tirer des conséquences (14) logiques. En mathématiques, les principes se nomment « axiomes ». En chimie, le principe de conservation de la masse de Lavoisier (« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ») permet de déduire de nombreuses propriétés des corps. Le « principe de précaution », selon lequel les êtres humains doivent se prémunir contre un danger, même seulement potentiel (3), a pour conséquences (14) un ensemble de mesures, par exemple sanitaires. Une cause est ce qui produit quelque chose (sa conséquence, son effet). Dire qu’un événement A est la cause d’un événement B signifie d’une part que A a existé avant B, d’autre part que B existe parce que A a existé avant lui (même si B aurait pu avoir une autre cause que A). On appelle « principe de causalité » le principe selon lequel toute chose, tout événement a nécessairement (6) une ou des causes. La fin (ici au sens de finalité, de but) est ce en vue de
quoi une chose est faite. Par exemple, la cause de l’existence du Soleil est une supernova qui a produit des ondes de choc il y a 4,6 milliards d’années. Dans une conception religieuse du monde, on pourra dire que
le Soleil a pour fins la chaleur et la lumière. Cette conception est dite finaliste au sens où elle attribue une finalité aux choses naturelles.
Globalement, les sciences cherchent des explications (10) causales, tandis que les religions proposent plutôt des explications (10) finales. - PUBLIC / PRIVÉ
Le public et le privé sont des concepts fondamentaux (23) en philosophie politique. La politique a notamment pour tâche de définir l’étendue et les limites de la sphère publique, autrement dit l’ensemble
de ce qui, dans l’existence des membres d’une société, est soumis aux lois (19). Il existe donc, à l’inverse, des aspects de cette existence qui échappent à la sphère publique : la sphère privée, qui n’est l’objet d’aucune obligation (22) ni interdiction légale (19). Selon les sociétés et leur histoire, certains de ces éléments font partie de la « sphère publique » (et sont donc juridiquement encadrés), ou de la « vie privée» (par exemple, la sexualité entre adultes consentants en France, du moins actuellement). Dans un régime totalitaire, le pouvoir politique cherche à étendre au maximum la sphère publique au détriment de la sphère privée.
Inversement, le courant politique dit « libéral » veut réduire autant que possible la sphère publique. L’État a ainsi pour fonction d’agir dans la sphère publique, notamment par le biais des lois (19) et des
services publics (qui doivent être accessibles à tous les membres de la société). Mais il y a des désaccords politiques sur ce qui doit relever ou non des services publics : la santé, l’éducation, l’eau, les transports
collectifs (train, avion…), etc. doivent-ils être intégralement publics ? Publics et privés ? Intégralement privés, c’est-à-dire vendus par des entreprises privées ? Cette question est l’un des points de divergence
importants entre la gauche et la droite. - RESSEMBLANCE / ANALOGIE
Une ressemblance compare et rapproche deux éléments (A ressemble à B). Une analogie est l’affirmation de l’identité (16) entre deux rapports, chaque rapport mettant en jeu deux éléments (A est à B ce que C est à D, même si A et C sont très différents16, de même que B et D). Par exemple : « la conscience ne trompe jamais ; elle est le vrai guide de l’homme : elle est à l’âme ce que l’instinct est au corps » (Rousseau, Émile ou de l’éducation). Il s’agit ici de la conscience morale, qui selon Rousseau est infaillible. Une métaphore (5) est une analogie dont un des quatre termes est sous-entendu. Par exemple : « La religion […] est l’opium du peuple » (Marx, Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel).
Pour connaître l’inconscient, Freud propose l’interprétation des rêves consistant entre autres à établir des analogies entre les éléments d’un rêve (son « contenu manifeste ») et sa signification inconsciente
(son « contenu latent »). - THÉORIE / PRATIQUE
Dans un premier sens, la théorie dit ce que doit être la pratique : par exemple, la loi (19) dit ce que doivent être, en théorie, les comportements des êtres humains. Dans ce cas, un écart entre les deux est possible, car en pratique, les êtres humains ne suivent pas toujours les lois (19). Ce premier sens est équivalent au repère « en fait (11) / en droit (11) » (mais dans l’ordre inverse : la théorie correspond au droit, la pratique au fait).
Dans un second sens, la théorie cherche à énoncer ce qui se passe en pratique (c’est le cas d’une théorie scientifique). Mais dans ce cas, si la théorie ne correspond pas à la pratique, cela signifie que la théorie est fausse ou incomplète. Par exemple, la théorie newtonienne de la gravitation universelle (30) ne permet pas d’expliquer (10) en totalité ce qu’on observe en pratique dans l’univers (on a alors besoin d’une autre théorie, par exemple ici la théorie de la relativité1 d’Einstein).
On peut utiliser ce repère pour distinguer deux aspects de la philosophie : La philosophie théorique consiste à essayer d’expliquer (10) le monde, la société, l’être humain, non pas de manière scientifique ou historique, mais de manière plus globale et universelle (30). La philosophie pratique consiste à se demander comment nous devons vivre. C’est même une question centrale pour Platon : « Ne vois-tu pas que le sujet dont nous sommes en train de discuter est justement la question qu’un homme, aussi peu de raison ait-il, devrait prendre le plus au sérieux ? Quel genre de vie faut-il avoir ? » (Platon, Gorgias). Il y a en effet plusieurs manières de vivre, selon qu’on privilégie le bonheur, la justice, la vérité, etc.
L’articulation entre philosophie théorique et philosophie pratique peut également être résumée dans la formule d’André Comte-Sponville (philosophe contemporain) : « Philosopher, c’est penser sa vie et vivre sa pensée. » On peut enfin distinguer, comme le fait Kant, deux usages de la raison : la raison théorique (ou spéculative), qui a pour objet de répondre à la question : « que puis-je savoir (7) ? », et la raison pratique, qui a pour objet de répondre à la question : « que dois-je faire? » - TRANSCENDANT / IMMANENT
Transcendant signifie à la fois « séparé » et « au-dessus » de quelque chose. Immanent, au contraire, renvoie à ce qui est à l’intérieur d’une chose, ou à ce qui agit sur cette chose de l’intérieur. Dans les religions monothéistes notamment, Dieu est généralement (30) dit transcendant par rapport au monde. Pour le panthéisme (qui signifie étymologiquement que « Dieu est en tout ») en revanche, Dieu
est immanent au monde, il est dans le monde, ou même il est le monde lui-même.
Dans un autre domaine, une justice transcendante est imposée de l’extérieur (par un tribunal, ou par Dieu qui condamne à l’enfer par exemple). Une justice immanente signifie au contraire que le coupable
est puni directement par les conséquences mêmes de sa faute (ce que signifie par exemple le proverbe
« Bien mal acquis ne profite jamais »). - UNIVERSEL / GÉNÉRAL / PARTICULIER / SINGULIER
Une vérité31 ou une règle universelles sont valables en tout temps et en tout lieu, sans exception ; il est universellement vrai (31) que si a > b et si b > c, alors a > c ; la Déclaration universelle des droits de l’homme
(1948) est supposée être valable quels que soient l’époque et le pays des êtres humains. Le général caractérise la plupart des éléments d’un ensemble, mais peut admettre des exceptions : « en général, les êtres humains sont doués de raison » (sous-entendu, pas tous). Les cas particuliers sont ceux qui font partie d’un ensemble général : « en général, les êtres humains sont doués de raison, et en particulier les
philosophes ». Mais un « cas particulier » peut aussi avoir le statut d’une exception à la règle générale.
Enfin, le singulier ne concerne qu’un seul élément et le rend unique ; Socrate se singularise parmi les grands philosophes par le fait de n’avoir écrit aucun livre. La philosophie pose des questions universelles, c’est-à-dire qui se posent ou peuvent se poser à tout
être humain en âge de raisonner, quelle que soit sa culture ou l’époque à laquelle il vit. Les réponses à ces questions, en revanche, sont loin d’être universelles.
La science se donne pour tâche d’établir des connaissances universelles: il n’y a pas une géométrie grecque et une autre chinoise, une chimie française et une autre sénégalaise, car la science est universellement accessible à tous. Elle est aussi universelle en un autre sens : les lois qu’elle cherche à établir sont également supposées être universelles, donc sans exception. C’est pourquoi les miracles, qui constituent des exceptions ou des infractions aux lois de la nature, sont incompatibles avec la science. - VRAI / PROBABLE / CERTAIN
Le vrai est ce qui a les caractéristiques de la vérité, c’est-à-dire, au sens le plus fréquent, ce qui correspond à la réalité15 : une affirmation est vraie si elle décrit correctement la partie du réel (15) sur
laquelle elle porte. Si je dis que David Hume est un philosophe écossais du XVIIIe siècle, ce que je dis est vrai même si je n’en suis pas certain. La certitude et l’incertitude concernent en effet non pas le rapport
entre mon affirmation et le réel (15) (comme c’est le cas pour le vrai et le faux), mais le rapport entre mon affirmation et moi-même, et plus précisément le niveau de confiance que j’ai à son égard. La certitude
maximale peut être atteinte dans le cas du savoir7, mais aussi parfois de la croyance (7) (religieuse par exemple). Dans ce deuxième cas, la certitude peut être fausse (il existe des personnes qui sont certaines
que la Terre est plate). Enfin, le probable renvoie à la notion de probabilité, proche de celle de possibilité (17).
Je peux considérer un événement comme plus ou moins probable en fonction des connaissances que j’ai à son sujet (« il est probable qu’il fera beau demain »), ce qui s’accompagne souvent de l’incertitude. Mais
ce n’est pas toujours le cas : on peut calculer mathématiquement et donc avec la plus totale certitude la probabilité théorique (28) d’un événement supposé aléatoire (comme le résultat d’un lancer de dé).
De quoi peut-on alors être certain ? Selon Voltaire, « Toute certitude qui n’est pas démonstration mathématique n’est qu’une extrême probabilité » (Dictionnaire philosophique, article « Histoire »)
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